JNPS 2015 - PREVENTION DU SUICIDE: UN MONDE CONNECTE ?

Toute société qui se revendique comme telle a, en matière de prévention du suicide, l’exigence de repérer celles et ceux qui souffrent et d’être au plus près de ces personnes en les aidant à ne plus considérer leur propre mort comme la seule réponse à leur souffrance. Cette exigence implique une veille permanente, une écoute renforcée, mais aussi la mise en œuvre d’efforts constants pour aller au contact de ces personnes en souffrance et se maintenir au plus proche d’elles. Ce soutien va bien au-delà de la crise suicidaire : il doit être un véritable accompagnement sur la durée. 

Cette présence auprès de l’autre peut aujourd’hui s’exercer grâce à des moyens très divers, lesquels se sont enrichis au cours des époques. A la présence physique auprès d’une personne que l’on peut rassurer par un contact direct, s’est progressivement ajoutée la présence épistolaire, puis orale, sans face à face, via le téléphone. A l’heure actuelle, l’évolution des technologies de la communication offre quantité de moyens supplémentaires (e-mail, forum, chat, sms illimités, discussion en direct par vidéo interposée, applications mobiles…) dont les personnes se saisissent différemment selon leur lieu de vie, leur façon d’être dans leurs relations avec les autres et l’intensité de leur crise. Aucun moyen de communication n’est préférable à un autre. Tout est simplement affaire de cohérence, de justesse des accordages et de ressenti personnel. Rencontres, entretiens en face à face, téléphonie sociale, forums (avec modérateur), échanges de courriels, téléconsultations, usage des Smartphones, des tablettes ou autres objets connectés permettant de mieux communiquer avec un professionnel de santé. Tous ces nouveaux modes de transmission peuvent utilement enrichir notre connexion, notre affiliation aux personnes en détresse. Ils sont aujourd’hui incontournables et demandent à être encore développés pour mieux agir en matière de prévention. L’essor fulgurant de la « santé connectée » nous impose également d’évoluer dans ce sens. Cela ne peut toutefois se faire qu’avec tact, respect, et en concertation totale avec les acteurs de terrain, dont nous devons identifier les besoins.

On le sait : « être connecté » est crucial pour les personnes vulnérables au suicide.

Des études ont en effet montré que l'isolement social peut augmenter le risque de suicide et qu’à l'inverse, avoir de forts liens humains peut avoir un effet protecteur. Tendre la main à ceux qui se sont coupés des autres et leur offrir soutien et amitié sont des actes pouvant sauver la vie.

Enfin, « être connecté » peut aussi être compris en termes de soins cliniques.

La maladie mentale, notamment la dépression, est un facteur de risque important de suicide. À l'échelle internationale, (s)es traitements   (…) se sont améliorés mais leur accès reste inégal. Les acteurs de soins primaires, qui sont souvent le premier recours pour les personnes souffrant de maladie mentale, ne sont pas toujours en mesure de la diagnostiquer et de la traiter. Les acteurs de soins spécialisés (…) ne sont pas toujours disponibles et les possibilités d'orientation peuvent être limitées. Même lorsque les services sont disponibles, ils ne sont pas toujours suffisamment bien coordonnés pour offrir des soins optimaux. Les personnes souffrant de maladie mentale « passent souvent à travers les mailles du filet », en particulier - mais pas exclusivement - dans les pays en développement.

Les liens et la collaboration entre les différents services sont également importants pour la prévention du suicide. Disponibilité, réactivité et offre de soins adaptée à la situation sont aussi souhaitables pour aider une personne souffrant d’un trouble mental.

 « Etre connecté » est nécessaire au niveau national et international.

Beaucoup d'organisations cliniques et non cliniques travaillent pour la prévention du suicide mais leurs efforts ne sont pas toujours synchronisés. 

Les « connexions » entre acteurs associatifs, sociaux, médicaux, et les modalités d’intervention, parfois très diversifiées, seront au cœur de ces 19èmes journées organisées par l’UNPS.

La réflexion s’engagera aussi sur l’impact des nouvelles formes de communication, les apports de ces technologies, l’articulation entre monde connecté et prévention du suicide, ou sur ce que pourrait être une éthique de la prévention dans un monde connecté.

 Quelles articulations entre le lien social et la problématique du suicide ? La technologie des communications transforme-t-elle le lien social ? Qu’attendre ou que craindre de l’utilisation de toutes les données produites par le monde connecté ? La technologie fait-elle mieux que les relations humaines traditionnelles ? Chat, e-mail, forum, sms à volonté, réseaux sociaux, objets connectés : ces nouveaux outils de communication ouvrent-ils de nouvelles voies de soin ou de prévention ? Quelles ressources ou quelles menaces offrent-ils ? Face à ces évolutions, quelles valeurs sous-tendent les actions ? Comment les acteurs peuvent-ils prendre en compte ces valeurs ? Quelle prévention optimale est-il possible d’offrir au titre de la citoyenneté ?

Afin de rencontrer et d’échanger avec les acteurs qui composent ce maillage, l’Union Nationale pour la Prévention du Suicide vous invite à participer aux débats sur le thème du « Monde connecté » dans le cadre des 19èmes Journées Nationales pour la Prévention du Suicide qui se dérouleront dans toute la France au début de l’année 2015, et notamment à Paris le jeudi 5 février 2015 au ministère des Affaires Sociales et de la Santé ( PROGRAMME ).

L'argumentaire en version 4 pages est disponible ICI.

L'affiche de la journée est disponible ICI.